11/06/2009

Hadopi, qui paie ?

Le débat sur Hadopi s'est beaucoup porté sur les sanctions et le processus qui y mène. Un des aspects que j'ai moins vu dans la presse (même si un débat a tout de même déjà eu lieu sur le sujet), mais qui devrait désormais ressortir, c'est le coût. Qui va payer cette haute autorité dont le rôle est de plus en plus restreint maintenant que sa capacité de sanction est fortement restreinte...
Cela ne me réjouit guère de penser que l'Etat va payer une centaine de fonctionnaires pour mettre en place et alimenter un système qui se contentera d'envoyer des lettres recommandées qui n'auront pas le moindre effet... Dans le meilleur des cas, si Christine Albanel achève son oeuvre, Hadopi contribuera à engorger encore un peu plus notre appareil judiciaire, toujours au frais du contribuable, tandis que la grande majorité des artistes ne touchera pas beaucoup plus de droits d'auteurs puisque seuls les "gros poissons" peuvent espérer voir augmenter leurs revenus déjà importants... tant et si bien qu'ils partent en Suisse pour ne pas payer d'impôts...
Je caricature, mais pour autant je ne vois pas de solution à un faux problème dans Hadopi... A quand la licence globale ? A quand une véritable réflexion sur la propriété intellectuelle de manière générale (droit d'auteur, brevets industriels, brevets logiciels, brevets sur l'ADN...) pour que les inventeurs et créateurs soient récompensés sans en faire des rentiers injustifiés.

14/05/2009

Marchés financiers et produits dérivés

Mi-2008, le PIB mondial était estimé à environ 68 623 milliards de dollars (source ici). Dans le même temps, la valeur notionnelle des produits dérivés était de 684 000 milliards de dollars (source ). C'est à dire presque dix fois plus !!!
Or comme chacun sait, les produits dérivés sont du vent : une promesse d'achat ou de vente d'un sous-jacent, à un prix et à une date donnée... J'étais un jour tombé sur un article qui donnait le chiffre totalement hallucinant de x700, mais je n'avais jamais retrouvé l'article en question. Le x10 me semble nettement plus vraisemblable mais tout aussi délirant : nos amis les financiers, qui ne représentent sans doute que moins d'1 ou 2% de la population, jouent avec dix fois ce que produisent les autres en une année. Le fameux effet de levier enrichit les premiers au détriment des seconds. Tout les reste n'est qu'une histoire de répartition de la cagnotte entres les financiers : certains gagnent, d'autres perdent, mais au final tous ont déjà largement de quoi vivre ne serait-ce que par le biais des commissions et autres droits d'entrée que les non-financiers paient pour intervenir ponctuellement dans ce monde qui fournit quand même des services, ne l'oublions pas : financements divers, garanties de taux ou de prix, gestion du risque,...
Je ne critique pas les produits dérivés, mais le manque de transparence de ces "contrats" qui ne sont pas réellement réglementés : il est tout à fait autorisé de faire "n'importe quoi", c'est à dire par exemple signer des options sans se couvrir ou avoir l'assise financière pour assumer des pertes éventuelles : on n'est alors pas loin de l'arnaque et celle-ci peut durer longtemps, tant que le rythme d'éxécution de contrats "perdants" est inférieur à celui de la croissance des entrées d'argent...

En conclusion, je dirai que les réflexions actuelles pour réglementer ce marché sont sages. Mais sommes-nous réellement capable de le faire ? J'ai un léger doute, et même le jour où ce sera fait, des produits plus complexes "sortiront du cadre" pour contourner la législation pour continuer à faire n'importe quoi et alimenter des bulles...

30/04/2009

OMC et défi climatique

Pascal Lamy est directeur général de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC ou WTO). Son mandat arrivant à échéance, les pays membres de l'organisation doivent élire le nouveau directeur général... qui sera a priori Pascal Lamy puisque c'est le seul candidat !!!

A l'occasion de sa "candidature", Pascal Lamy a présenté ses objectifs aux représentants des pays. J'espérais qu'il en profiterait pour mettre en avant le sujet du défi climatique : il n'en a malheureusement rien été.

En effet, le terme "changement climatique" n'apparaît que deux fois et n'est jamais développé. L'énergie n'apparaît qu'une fois. Nulle mention du CO2, alors que la "crise" apparaît huit fois.

Ceci n'est pas anodin. On pourrait penser que nos bons commerçants n'ont pas à se soucier du climat et qu'ils ont bien assez de la crise pour s'occuper à plein temps. Mais c'est un raisonnement court-termiste particulièrement dangereux...

En effet, le commerce international (car c'est bien de cela qu'il s'agit) est une source majeure d'émissions de gaz à effet de serre. En effet, le commerce génère une part non négligeable des flux de transport. Ensuite, le commerce stimule indéniablement la demande, en élargissant sans cesse l'offre et en faisant une chasse aux tarifs les plus attractifs sur l'ensemble de la planète.

Pour se donner un ordre d'idée, l'OMC annonce, dans son rapport annuel sur le commerce international, le chiffre de 13 619 milliards de dollars d'échanges internationaux, sur un total de quelques 43 000 milliards de PIB mondial. Le commerce représente donc un bon tiers de l'activité mondiale et sans doute à peu de choses près la même part des émissions de gaz à effet de serre.

Or on sent bien qu'il y a dans les échanges internationaux des sources d'optimisation, notamment parce que nous ne payons pas le juste prix du transport, dont le coût carbone est largement sous-évalué. Ou encore parce que par le biais du commerce international, de nombreux pays développés délocalisent leur pollution vers les pays en développement (dont les émissions de CO2)...

Ceci étant dit, je ne suis pas totalement à l'aise sur la responsabilité de l'OMC sur le changement climatique. Son rôle est de chasser les entraves au commerce, pas de faire en sorte que le commerce soit optimal. Pour autant, je pense que l'organisation pourrait se saisir du sujet et prendre systématiquement le réflexe de porter un regard "carbone" sur les sujets qui lui sont soumis.

Puisse Pascal Lamy m'entendre et faire de son second mandat une réussite climatique.
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Le texte du discours se trouve ici (en) et (fr)

18/01/2009

Bubbles

British Energy (UK) : 15G€ pour ~100%

Constellation Energy (USA) : 4.5G$ pour 49,9% (plus un dédommagement pour Warren Buffet de 1,2G$, payés par Constellation)

Alpiq (Suisse) : 705M€ pour 25%

EDF multiplie les acquisitions dans le secteur de l'énergie ces derniers temps. Si on n'atteint pour l'instant pas les montants constatés au cours de la bulle de télécoms (FT qui achète Orange pour 50G€ cash), on commence à s'en approcher...

Serait-on à l'aube d'une bulle de l'énergie couplé à une bulle "verte" ? Quand on voit les ratios de valeurs comme EDF énergies nouvelles ou Theolia, il y a fort à penser qu'on y va.

La bulle gonfle tranquillement depuis 2-3 ans. La crise actuelle va en ralentir le rythme, mais je ne pense pas que cela suffise à tuer la spéculation...

Puisque la mode est aux paris, j'ose une supputation d'éclatement de la bulle électricité au printemps 2013, avec une valeur comme EDF qui aura franchi "durablement" les 125€ l'action, avec un pic vers 150...

23/10/2008

Les racines de la crise (financière) sont démographiques

La crise financière n'en peut plus de faire rage.
Les bourses s'effondrent et on commence à en ressentir des effets sur l'économie réelle.
Le Krach était prévisible tant la bulle immobilière était évidente. Personne comme d'habitude n'a voulu entendre les Cassandre et le monde s'engouffre dans la morosité, à part quelques malins qui ont misé depuis longtemps sur la baisse des marché, comme Alan Greespan.

L'origine de la crise serait-elle une énième bulle ? Le problème est plus complexe, la bulle n'est pas une bulle mais des bulles. Bulle sur le marché immobilier bien entendu, mais aussi sur celui du pétrole, des matières premières (métaux notamment), des céréales, etc. Et l'éclatement de la plus grosse bulle provoque celle des autres.
Pourquoi des bulles ? Pourquoi tant de bulles ?
A la première question, on peut répondre que la nature humaine est ainsi faite que l'appât du gain fait régulièrement perdre la raison à la foule des investisseurs.
Pourquoi tant de bulles ? Parce que les investisseurs sont de plus en plus nombreux pardi, il n'est pas rare maintenant que même un ouvrier soit actionnaire, le capitalisme triomphe !!! Finalement en cela le capitalisme devient mutualiste : les grands capitalistes acceptent désormais de partager les bénéfices du capital avec les masses afin de mutualiser leurs risques avec des millions d'actionnaires individuels.
Certains le font consciemment (combien de syndicalistes CGT ont refusé de partciper au jackpot de l'introduction en bourse d'EDF, avec une décote à la limite de l'indécence pour les agents EDF ?), d'autres le font par le biais de leur fond de pension (notamment les ménages américains).
Je pense que je viens de toucher le fond du problème : les fonds de pensions. Et plus généralement le vieillissement de la population.
A la sortie de la guerre, la population a subi un joli coup de jeune avec le baby-boom. Et la retraite par répartition ne pouvait alors que fonctionner : peu d'anciens à la charge de nombreux actifs, pas de problème !
Depuis la population vieillit. Le système de retraite par répartition prend du plomb dans l'aile car le taux d'actifs versus le nombre de retraités dépasse des limites difficilement tenables. D'où le passage au système par capitalisation. Je travaille ma vie durant pour vivre des dividendes de mon travail une fois que je ne peux/souhaite plus travailler. le problème, c'est que cela ne change en rien le nombre d'actifs et le nombre de retraités dans le pays. Heureusement, le miracle de la mondialisation permet d'importer des actifs ou plutôt d'importer le fruit du travail d'actifs à l'étranger. Vive le capitalisme qui permet de transférer les bienfaits de la jeunesse des autres chez nous les maîtres du capital.
Hélas, ce système ne tient que si le monde contient suffisamment de viviers de jeunesse, pour que le travail, parfois à la limite de l'esclavage, des actifs permette de subvenir aux besoins des inactifs.
Le capitalisme n'est jamais qu'un ensemble de règles de répartition des richesses produites :

  1. par les ressources naturelles
  2. par le travail des actifs

Lorsque les ressources deviennent insuffisantes parce que l'empreinte écologique de la population est supérieure à celle que peut supporter la planète, lorsque la proportion d'actifs face à celles des inactifs devient insuffisante, le système ne peut que s'écrouler sous son propre poids.
Si le niveau de vie des américains n'est pas négociable, comme le disait notre cher W, il faut cependant rappeler que les lois de la physique le sont encore moins !!!
La crise devrait donc, à mon humble avis, atteindre une amplitude sans commune mesure avec ce qu'on a pu voir jusqu'à ce jour.
Car la crise actuelle n'est qu'une crise de vieillissement : les détenteurs de capitaux, voyant leur nombre et donc leurs besoins augmenter, ont joué la surrenchère : mais si mon ami, il faut que le capital rapporte au moins 15% et 40%, c'est mieux. Un loyer de 500 euros pour une chambre de bonne est parfaitement justifié.
La bulle vient de là : plus de vieux qui ne veulent pas vivre chichement, cela fait autant de jeunes qui doivent travailler en plus pour gagner le droit d'utiliser le capital ou bien de le racheter à prix d'or. Mais un jour les jeunes ne peuvent tout simplement pas en faire plus. Ou alors ils se rebellent et disent qu'ils préfèrent attendre un héritage, ou se contenter de vivre de peu, en travaillant peu.
Le rapport de force s'inverse car les jeunes ont du temps, ils peuvent attendre un ou deux ans, les vieux moins. Quand le capital survalorise la valeur du temps, les capitalistes se mettent à perdre de leur influence. La bulle du temps explose aujourd'hui alors que le vieillissement n'en est qu'à ses début et commence tout juste à se propager dans des pays en développement comme la Chine.
C'est la fin de l'abondance de la main d'oeuvre par rapport au nombre de consommateurs.

Personnellement, je ne regretterai pas cet état de fait. Finalement, ceci ne peut que rendre le plaisir au gens d'avoir un travail productif, là où un nombre hallucinant d'emplois improductifs frustre une part majoritaire de la population. Et je parle en parfaite connaissance de cause.

En revanche, il y a beaucoup plus d'inquiétude à avoir vis-à-vis d'une crise plus grave et plus profonde qui s'annonce : celle des ressources. Avec quelques centaines de millions d'humains sur terre, l'énergie solaire et les processus naturels permettent un renouvellement presque indéfini des ressources de base (eau, croissance des plantes, des forêts, etc.). Mais nous sommes plus de six milliards et pourrions être dix milliards d'ici une quarantaine d'années.
Une population qui exerce une telle pression sur les ressources que même celles qui sont dites renouvelables ne le sont plus : pour assurer des récoltes récurrentes de blé, il faut conserver d'une année sur l'autre des semences. Impossible de cultiver quoi que ce soit si on mange toute la récolte. Cette sagesse paysanne, le monde l'a oubliée et on se gave non seulement de la dernière récolte mais aussi des stocks...
J'en reviens au titre de cette note : selon moi la source ultime de la crise financière est le vieillissement de la population. Quant à la crise qui pourrait bien nous achever, la crise écologique, elle provient de l'accroissement de la population, le vieillissement jouant un facteur aggravant car quand l'angoisse de la mort se rapproche, bien peu nombreux sont ceux qui ont la sagesse de s'assurer qu'ils laisseront aux survivants un monde aussi beau que celui dont ils avaient hérité.

01/07/2008

Logistique vs exponentielle

Je suis impressionné par le nombre de prévisions qui parlent d'une croissance exponentielle.

Chacun sait que l'exponentielle tend de plus en plus rapidement vers l'infini. Or notre monde est fini. Donc toute courbe de croissance ne peut que finir par ralentir puis se stabiliser sour la limite que nous impose notre monde fini. Même l'inflation au zimbabwe aura une fin, quand le nombre de zéros deviendra totalement impraticable. 

Personnellement je trouverais plus intelligent qu'on parle de croissance logistique : un départ en exponentielle, mais avec un temps d'arrêt lorsqu'on s'approche de la saturation. 

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Pour le coup cette courbe est toute théorique, il peut y avoir des temps d'arrêt, des ruptures technologiques qui déplacent la limite, etc. Mais fondamentalement le modèle logistique me semble plus réaliste que le rêve exponentiel...

24/06/2008

Jusqu'où faut-il aimer ses vieux ?

La population vieillit en Europe, c'est une évidence. De là à dire qu'il faut mettre la priorité sur les services aux personnes âgées, il n'y a qu'un pas allègrement franchi par nos chers politiques, certes en cours de renouvellement (Son âge est une rare chose qu'on ne peut pas reporcher à Sarkozy !), mais les électeurs vieillissent, de même que les priorités...
Une loi comme la défiscalisation des services à la personne vont clairement dans ce sens.

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Je ne suis pas super fan car je trouve qu'on repart vers une société où les domestiques sont monnaie courante. Je n'aime pas cette profonde hiérarchie sociale, je préfère quand on raccourcit l'échelle et que l'égalité est un fait presque acquis, que chacun apporte sa valeur et que cette valeur est reconnue (il est "facile" de ramasser des m... de chien sur la chaussée et pourtant je connais bien des gens qui donneraient 10 fois le salaire journalier d'un agent de propreté pour ne pas avoir à en ramasser une seule...).

Mais je m'égare. Je voulais dire que si nos chers vieux méritent qu'on s'occupe d'eux, la population jeune, toujours moins nombreuse en proportion, ne peut pas les faire vivre tous comme des princes. C'est malheureux, mais il faut laisser aussi aux jeunes le temps de vivre.

Or je trouve qu'on n'en prend pas un instant la direction. Je suis tombé des nues en voyant il y a quelques jours un article dans 20Minutes décrivant un programme de sensibilisation à la vieillesse. Ainsi, un hopital se proposait en 5-10 minutes d'équiper un jeune et bien portant de lests et de lunettes spécifiques pour lui faire comprendre pourquoi un vieux a tant de mal à se déplacer, lui montrer qu'il ne voit plus bien, n'entend plus bien...

Du délire le plus pur. On s'en doute quand même un peu que le corps n'est plus parfait à 75 ans, et même avant (une bonne sciatique juste avant mes 30 ans m'a montré que moi aussi, je vieillis !!!). Tout ce qu'on va réussir à faire, c'est traumatiser les jeunes et augmenter leur angoisse... je suis sérieux. Si on laissait un peu plus aux jeunes actuels les moyens de vivre leur vie, plutôt que de s'occuper des vieux, ils seraient peut-être moins déprimés et plus productifs. On enclencherait ainsi un cercle vertueux. Bien loin du cercle vicieux que nous propose l'apprentissage avancé de la vieillesse... (NB : je ne parle pas pour moi, j'ai largement les moyens de vivre "comme un prince" et je ne me sens pas brimé par mes parents et ma grand-mère que je serais plutôt content de voir plus souvent).

J'aime sincèrement ma grand-mère et je lui souhaite de vivre encore une longue vie. Il faut qu'on l'aide car elle ne peut plus tout faire seule. Mais il faut à mon avis respecter un règle : elle ne doit pas mobiliser une personne à plein temps. Car sinon cela veut dire que son temps de vie empiète sur celui d'une personne plus jeune. Bien entendu, cela arrive. Il y a toujours eu des "riches" et des "pauvres". Mais la moyenne globale doit rester en dessous du 1 fatidique, sinon la société tourne en rondet court à sa perte.

A moins d'importer des jeunes, serait-ce ça l'immigration choisie ?

En tout cas ne rentrons pas dans ce jeu de générations sacrifiées...

09/06/2008

Fraude à la TVA ?

Le sport est généralement bon pour la santé. Je dis généralement car ce week-end, j'ai réveillé une bonne vieille sciatique rien qu'en faisant quelques longueurs de piscine (certes olympique, mais si j'ai fait plus de 6 aller-retours, c'est bien le maximum). Et tant les étirements que les anti-inflammatoires ne m'ont que très peu soulagé...

Tout cela pour dire que je ne suis pas d'une humeur particulièrement joyeuse ce matin dans le train... d'autant plus que j'ai du faire l'impasse sur le petit déjeuner pour ne pas le louper, ce TGV qui n'attend pas d'aller vite sauf quand il lui arrive la moindre bricole.

Résultat, affamé et par l'odeur du bar alléché, je suis allé acheter un pain au chocolat... à prix d'or, soit 1€80 alors que j'en ai acheté un il y a quelques jours à 90cts, même si le prix usuel est plutôt entre 1€ et 1€20, voire 1€50 dans la gare de Lyon (plus précisément chez Upper Crust).

c5ed369c9a3ba530ae97e3e24cc97311.gifDu coup quand le vendeur m'a demandé si je le mangerai "sur place" ou si je l'emportais ("à emporter"), je me suis dit que je pourrais bien avaler ma viennoiserie dans sur place pour qu'une part plus importante (taux de TVA à 19.6%, soit environ 16% du prix payé) des 1€80 que je paie aille dans les poches de l'Etat plutôt que dans celles de la compagnie des Wagons-lits. Bel acte de citoyenneté.

Sauf que quand je me suis emparé de mon ticket, je n'ai pu que constaté que la TVA appliquée était à 5.5%.

Curieux de savoir si les pains aux chocolat bénéficiaient d'un quelconque dérogation, je suis revenu vers le vendeur (pas très loin puisque je consommais "sur place") pour lui demander pourquoi il m'avait posé une question dont la réponse ne semblait pas avoir influé sur le cours des choses...

Ma question (naïve) : "puis-je vous poser une question bête, pourquoi est-ce que vous me demandez 'sur place ou à emporter"

Réponse : "c'est une question de TVA"

Moi : "mais alors pourquoi est-ce que c'est une TVA à 5.5% alors que je vous ai répondu 'sur place' ?"

Lui : "c'est parce que j'ai du me tromper de bouton"

Moi : "Ah !"

Lui :" vous voulez que je vous le refasse ?"

Plus défenseur de l'écologie que du budget de l'état, j'ai renoncé à lui faire rééditer un ticket. Néanmoins, un rapide calcul montre que par sa soi-disant fausse manipulation, il a transféré 20 centimes d'euros (0,29 - 0,09) directement du Trésor Public vers  les comptes de la compagnie des Wagons-Lits. Le tout sur une ridicule transaction de 1.80€

C'est tout simplement scandaleux. Ce n'est pas le seul endroit où de telles fraudes (car je ne crois pas un instant qu'il s'agisse d'une erreur, ou alors les boutons sont exprès à côté l'un de l'autre, l'un énorme, l'autre minuscule) sont possibles : boulangerie (beaucoup ne délivrent pas de ticket TVA), restaurants de type fast-food, etc. Je serais curieux de savoir combien cela représente de perte pour l'Etat...

Estimons : il y a environ 700 TGV qui circulent par jour (si je me rappelle bien de ce que nous racontaient les medias pendant les grèves d'octobre dernier), la capacité par TGV est d'environ 600 personnes (une ou deux rame, TGV double ou simple, je pense qu’à 20% près je suis dans le bon), le taux de remplissage moyen est de 70% (je crois avoir lu que le TGV Est a commencé avec un taux de 74% puis est retombé vers 68%, en dessous de la moyenne nationale qui est à 70%), ce qui donne environ 300 000 voyageurs par jour.

Disons qu'environ 10% des voyageurs vont acheter au bar (en moyenne, il est certain qu'à midi ou le soir, il y a une affluence monstre, tandis qu’en pleine journée le vendeur doit s’ennuyer un peu) et que le ticket moyen est de 5€ (avec une formule petit dèj à 5€80 et des menus midi entre 8 et 12€, ça va vite) , on obtient un chiffre d'affaire journalier de 150  000€, soit environ 55M€ en annuel.

Sur ces 55M€, il y a un plancher de 2.9M€ de TVA, qui peut monter à 9M€ si toutes les consommations étaient "sur place". 6M€ de différence dont j'imagine qu'environ 1M€ est effectivement fraudé par des "erreurs de manipulation"… une paille (15cts par français et par an) !

Par acquis de conscience, j'insisterai désormais systématiquement pour manger/boire sur place, quitte à partir après. Et je ne parle pas que de mes consommations dans le train, mais bien  de tous les endroits où les vendeurs peuvent se faire 10% de marge au nez et à la barbe du fisc...

Et bien entendu, n'hésitez pas à en faire de même, ça ne peut que faire baisser vos impôts (ou du moins éviter de les faire trop augmenter) !!!

La vraie stratégie gagnante serait peut-être plutôt de tout emporter et d’acheter des actions Wagons-Lits (nous n’avons qu’une action sur 60 millions  de l’Etat, alors qu’il est possible d’en acquérir une part plus grande pour ce qui est de la Compagnie des Wagons-Lits… mais l’action de l’Etat n’a pas besoin d’être achetée, contrairement aux WL).

05/06/2008

Quel est le rôle de la finance dans l'économie ?

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La finance est normalement une fonction support, permettant de distribuer les capitaux là où ils sont nécessaires, en optimisant le partage des risques et des rendements (attention à ce qu'on met derrière le mot optimisation ici, il ne s'agit pas forcément d'une optimisation sociale ou écologique).

Dans un marché où les capitaux font cruellement défaut, les financiers gagnent un pouvoir d'arbitrage énorme, devenant ainsi les pilotes de l'économie. Est-ce une bonne chose ?

Et avant cela, qui sont les financiers ?

  • les banquiers (privés, centraux, etc.) ?
  • les ministres de l'économie et/ou des finances ?
  • les capitalistes ?

Je n'ai pas la prétention de répondre ici,  je vais me pencher sur la question et vous invite à en faire de même !

à suivre...

31/03/2008

Rémunération des grands patrons : une nouvelle voie ?

De nombreuses études prouvent que les entreprises "familiales" ont de meilleures performances sur le long terme (on parle ici de 10-20 ans) que des entreprises dirigées par des patrons salariés, c'est à dire n'ayant pas un lien aussi fort avec leur groupe que des vrais "capitalistes".

Par ailleurs, la presse stigmatise - sans doute à raison - les patrons que leurs stock-options enrichissent sans le moindre rapport avec leur performance à la tête de l'entreprise, car les options sont distribuées de façon nettement trop généreuse... Généralement les patrons et les défenseurs des systèmes de stock-options tentent de défendre ce mode de fonctionnement en invoquant la compétition qui règne pour pouvoir embaûcher les meilleurs patrons, les "pointures" qui ne se déplacent pas à moins de quelques dizaines de millions d'euros annuels, sans compter le golden parachûte en cas de licenciement précoce et/ou "abusif" !!!

Il faut reconnaître qu'il serait mauvais de décourager les grands "entrepreneurs" de venir travailler à la tête des entreprises françaises. Mais il serait quand même intelligent de ne pas signer des chèques en blanc juste sur le nom/la réputation de tel ou tel "gourou" car on sait bien que même un Steve Jobs ou un Carlos Ghosn, s'ils ont été et sont encore très forts, seraient peut-être totalement incapable de redresser une entreprise dont ils ne comprennent rien au métier (qui serait capable de redresser Bull par exemple, même super Thierry Breton n'a réussi qu'à sauver l'entreprise de la faillite).

Pour attirer un bon patron, il faut qu'il puisse gagner ce qu'il mérite. Pour s'assurer qu'il ne fait pas n'importe quoi, il faut aussi s'assurer qu'il mérite bien ce qu'il gagne...

Un modèle me semble intelligent : le LBO. Le Leverage Buy Out permet à un entrepreneur motivé mais peu pourvu en capital de prendre une participation significative dans une entreprise (en général le contrôle, mais cela n'est pas indispendsable) en d'endettant. Les dividendes versés par l'entreprise (directement liés à la bonne tenue de l'activité) servent alors à rembourser la dette, non pas de l'entreprise mais du patron-entrepreneur.

Si le patron n'est pas bon, les parts qu'il a acheté son versées à la banque qui lui a prêté l'argent initial. S'il est bon, il se retrouve à la tête d'un joli paquet d'actions, en rapport avec le risque qu'il a pris.

Pas de parachute mais une véritable espérance de gain et surtout un lien très fort à avec l'entreprise (le patron est aussi un actionnaire engagé).

Cette réflexion me rappelle le bouquin de Jean-marie Messier que j'avais lu il y a bien longtemps et où il parlait d'actionnariat salarié. Si on commençait par les patrons, ça serait déjà un grand progrès...

C'est déjà souvent le cas, d'ailleurs un membre du conseil d'administration est forcément actionnaire (1 action minimum). Mais ce que je préconise, c'est qu'un patron soit engagé sur une partie importante de son patrimoine personnel, l'emprunt réalisé pour monter le LBO devrait engager une caution de quelquechose comme 25% (minimum) de son patrimoine. Et le LBO minimise les mouvement court-termistes : rares seront les cas où les patrons revendront les parts achetés à crédit pour rembourser leur emprunt de façon anticipée, à moins que la valeur de l'entreprise ait été réellement fortement augmentée. La stratégie court-termiste est également possible si le patron trouve un pigeon pour racheter ses parts, mais dans ce cas, on ne peut s'en prendre qu'au pigeon ;-)

Le seul risque est qu'un patron qui n'aurait pas les moyens de prendre une majorité de contrôle de l'entreprise se fasse débarquer au moment d'un trou d'air de la société et soit injustement puni si le "repreneur" détruit la valeur qu'il aura créé et fait baisser la valeur de ses titres.

Une protection devrait donc être envisagée pour éviter ce genre de manoeuvres, peut-être en attribuant des golden shares au patron qui accepte de prendre la direction de l'entreprise (des actions avec double droit de vote, voire plus). Mais ceci introduit une distorsion pas forcément simple à maîtriser...

Alors que bon nombre de patrons de start-ups finissent par lâcher le contrôle majoritaire de leur entreprise pour faire entrer des investisseurs, tout en gardant le contrôle effectif de l'entreprise, jusqu'à ce que les investisseurs le débarquent éventuellement (à tort ou à raison) si l'entreprise connaît des difficultés.

Je pense qu'il y a matière à ddiscussion, mais le principe d'avoir des patrons qui soient engagés dans l'entreprise sur leur patrimoine personnel est une bonne chose.

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