01/07/2008
Logistique vs exponentielle
Je suis impressionné par le nombre de prévisions qui parlent d'une croissance exponentielle.
Chacun sait que l'exponentielle tend de plus en plus rapidement vers l'infini. Or notre monde est fini. Donc toute courbe de croissance ne peut que finir par ralentir puis se stabiliser sour la limite que nous impose notre monde fini. Même l'inflation au zimbabwe aura une fin, quand le nombre de zéros deviendra totalement impraticable.
Personnellement je trouverais plus intelligent qu'on parle de croissance logistique : un départ en exponentielle, mais avec un temps d'arrêt lorsqu'on s'approche de la saturation.

Pour le coup cette courbe est toute théorique, il peut y avoir des temps d'arrêt, des ruptures technologiques qui déplacent la limite, etc. Mais fondamentalement le modèle logistique me semble plus réaliste que le rêve exponentiel...
20:00 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : exponentielle, logistique
24/06/2008
Jusqu'où faut-il aimer ses vieux ?
La population vieillit en Europe, c'est une évidence. De là à dire qu'il faut mettre la priorité sur les services aux personnes âgées, il n'y a qu'un pas allègrement franchi par nos chers politiques, certes en cours de renouvellement (Son âge est une rare chose qu'on ne peut pas reporcher à Sarkozy !), mais les électeurs vieillissent, de même que les priorités...
Une loi comme la défiscalisation des services à la personne vont clairement dans ce sens.

Je ne suis pas super fan car je trouve qu'on repart vers une société où les domestiques sont monnaie courante. Je n'aime pas cette profonde hiérarchie sociale, je préfère quand on raccourcit l'échelle et que l'égalité est un fait presque acquis, que chacun apporte sa valeur et que cette valeur est reconnue (il est "facile" de ramasser des m... de chien sur la chaussée et pourtant je connais bien des gens qui donneraient 10 fois le salaire journalier d'un agent de propreté pour ne pas avoir à en ramasser une seule...).
Mais je m'égare. Je voulais dire que si nos chers vieux méritent qu'on s'occupe d'eux, la population jeune, toujours moins nombreuse en proportion, ne peut pas les faire vivre tous comme des princes. C'est malheureux, mais il faut laisser aussi aux jeunes le temps de vivre.
Or je trouve qu'on n'en prend pas un instant la direction. Je suis tombé des nues en voyant il y a quelques jours un article dans 20Minutes décrivant un programme de sensibilisation à la vieillesse. Ainsi, un hopital se proposait en 5-10 minutes d'équiper un jeune et bien portant de lests et de lunettes spécifiques pour lui faire comprendre pourquoi un vieux a tant de mal à se déplacer, lui montrer qu'il ne voit plus bien, n'entend plus bien...
Du délire le plus pur. On s'en doute quand même un peu que le corps n'est plus parfait à 75 ans, et même avant (une bonne sciatique juste avant mes 30 ans m'a montré que moi aussi, je vieillis !!!). Tout ce qu'on va réussir à faire, c'est traumatiser les jeunes et augmenter leur angoisse... je suis sérieux. Si on laissait un peu plus aux jeunes actuels les moyens de vivre leur vie, plutôt que de s'occuper des vieux, ils seraient peut-être moins déprimés et plus productifs. On enclencherait ainsi un cercle vertueux. Bien loin du cercle vicieux que nous propose l'apprentissage avancé de la vieillesse... (NB : je ne parle pas pour moi, j'ai largement les moyens de vivre "comme un prince" et je ne me sens pas brimé par mes parents et ma grand-mère que je serais plutôt content de voir plus souvent).
J'aime sincèrement ma grand-mère et je lui souhaite de vivre encore une longue vie. Il faut qu'on l'aide car elle ne peut plus tout faire seule. Mais il faut à mon avis respecter un règle : elle ne doit pas mobiliser une personne à plein temps. Car sinon cela veut dire que son temps de vie empiète sur celui d'une personne plus jeune. Bien entendu, cela arrive. Il y a toujours eu des "riches" et des "pauvres". Mais la moyenne globale doit rester en dessous du 1 fatidique, sinon la société tourne en rondet court à sa perte.
A moins d'importer des jeunes, serait-ce ça l'immigration choisie ?
En tout cas ne rentrons pas dans ce jeu de générations sacrifiées...
22:10 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vieux, économie, génération sacrifiée
09/06/2008
Fraude à la TVA ?
Le sport est généralement bon pour la santé. Je dis généralement car ce week-end, j'ai réveillé une bonne vieille sciatique rien qu'en faisant quelques longueurs de piscine (certes olympique, mais si j'ai fait plus de 6 aller-retours, c'est bien le maximum). Et tant les étirements que les anti-inflammatoires ne m'ont que très peu soulagé...
Tout cela pour dire que je ne suis pas d'une humeur particulièrement joyeuse ce matin dans le train... d'autant plus que j'ai du faire l'impasse sur le petit déjeuner pour ne pas le louper, ce TGV qui n'attend pas d'aller vite sauf quand il lui arrive la moindre bricole.
Résultat, affamé et par l'odeur du bar alléché, je suis allé acheter un pain au chocolat... à prix d'or, soit 1€80 alors que j'en ai acheté un il y a quelques jours à 90cts, même si le prix usuel est plutôt entre 1€ et 1€20, voire 1€50 dans la gare de Lyon (plus précisément chez Upper Crust).
Du coup quand le vendeur m'a demandé si je le mangerai "sur place" ou si je l'emportais ("à emporter"), je me suis dit que je pourrais bien avaler ma viennoiserie dans sur place pour qu'une part plus importante (taux de TVA à 19.6%, soit environ 16% du prix payé) des 1€80 que je paie aille dans les poches de l'Etat plutôt que dans celles de la compagnie des Wagons-lits. Bel acte de citoyenneté.
Sauf que quand je me suis emparé de mon ticket, je n'ai pu que constaté que la TVA appliquée était à 5.5%.
Curieux de savoir si les pains aux chocolat bénéficiaient d'un quelconque dérogation, je suis revenu vers le vendeur (pas très loin puisque je consommais "sur place") pour lui demander pourquoi il m'avait posé une question dont la réponse ne semblait pas avoir influé sur le cours des choses...
Ma question (naïve) : "puis-je vous poser une question bête, pourquoi est-ce que vous me demandez 'sur place ou à emporter"
Réponse : "c'est une question de TVA"
Moi : "mais alors pourquoi est-ce que c'est une TVA à 5.5% alors que je vous ai répondu 'sur place' ?"
Lui : "c'est parce que j'ai du me tromper de bouton"
Moi : "Ah !"
Lui :" vous voulez que je vous le refasse ?"
Plus défenseur de l'écologie que du budget de l'état, j'ai renoncé à lui faire rééditer un ticket. Néanmoins, un rapide calcul montre que par sa soi-disant fausse manipulation, il a transféré 20 centimes d'euros (0,29 - 0,09) directement du Trésor Public vers les comptes de la compagnie des Wagons-Lits. Le tout sur une ridicule transaction de 1.80€
C'est tout simplement scandaleux. Ce n'est pas le seul endroit où de telles fraudes (car je ne crois pas un instant qu'il s'agisse d'une erreur, ou alors les boutons sont exprès à côté l'un de l'autre, l'un énorme, l'autre minuscule) sont possibles : boulangerie (beaucoup ne délivrent pas de ticket TVA), restaurants de type fast-food, etc. Je serais curieux de savoir combien cela représente de perte pour l'Etat...
Estimons : il y a environ 700 TGV qui circulent par jour (si je me rappelle bien de ce que nous racontaient les medias pendant les grèves d'octobre dernier), la capacité par TGV est d'environ 600 personnes (une ou deux rame, TGV double ou simple, je pense qu’à 20% près je suis dans le bon), le taux de remplissage moyen est de 70% (je crois avoir lu que le TGV Est a commencé avec un taux de 74% puis est retombé vers 68%, en dessous de la moyenne nationale qui est à 70%), ce qui donne environ 300 000 voyageurs par jour.
Disons qu'environ 10% des voyageurs vont acheter au bar (en moyenne, il est certain qu'à midi ou le soir, il y a une affluence monstre, tandis qu’en pleine journée le vendeur doit s’ennuyer un peu) et que le ticket moyen est de 5€ (avec une formule petit dèj à 5€80 et des menus midi entre 8 et 12€, ça va vite) , on obtient un chiffre d'affaire journalier de 150 000€, soit environ 55M€ en annuel.
Sur ces 55M€, il y a un plancher de 2.9M€ de TVA, qui peut monter à 9M€ si toutes les consommations étaient "sur place". 6M€ de différence dont j'imagine qu'environ 1M€ est effectivement fraudé par des "erreurs de manipulation"… une paille (15cts par français et par an) !
Par acquis de conscience, j'insisterai désormais systématiquement pour manger/boire sur place, quitte à partir après. Et je ne parle pas que de mes consommations dans le train, mais bien de tous les endroits où les vendeurs peuvent se faire 10% de marge au nez et à la barbe du fisc...
Et bien entendu, n'hésitez pas à en faire de même, ça ne peut que faire baisser vos impôts (ou du moins éviter de les faire trop augmenter) !!!
La vraie stratégie gagnante serait peut-être plutôt de tout emporter et d’acheter des actions Wagons-Lits (nous n’avons qu’une action sur 60 millions de l’Etat, alors qu’il est possible d’en acquérir une part plus grande pour ce qui est de la Compagnie des Wagons-Lits… mais l’action de l’Etat n’a pas besoin d’être achetée, contrairement aux WL).
20:00 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : tva, fraude, train
05/06/2008
Quel est le rôle de la finance dans l'économie ?

La finance est normalement une fonction support, permettant de distribuer les capitaux là où ils sont nécessaires, en optimisant le partage des risques et des rendements (attention à ce qu'on met derrière le mot optimisation ici, il ne s'agit pas forcément d'une optimisation sociale ou écologique).
Dans un marché où les capitaux font cruellement défaut, les financiers gagnent un pouvoir d'arbitrage énorme, devenant ainsi les pilotes de l'économie. Est-ce une bonne chose ?
Et avant cela, qui sont les financiers ?
- les banquiers (privés, centraux, etc.) ?
- les ministres de l'économie et/ou des finances ?
- les capitalistes ?
Je n'ai pas la prétention de répondre ici, je vais me pencher sur la question et vous invite à en faire de même !
à suivre...
22:00 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : finance, marché, capital
31/03/2008
Rémunération des grands patrons : une nouvelle voie ?
De nombreuses études prouvent que les entreprises "familiales" ont de meilleures performances sur le long terme (on parle ici de 10-20 ans) que des entreprises dirigées par des patrons salariés, c'est à dire n'ayant pas un lien aussi fort avec leur groupe que des vrais "capitalistes".
Par ailleurs, la presse stigmatise - sans doute à raison - les patrons que leurs stock-options enrichissent sans le moindre rapport avec leur performance à la tête de l'entreprise, car les options sont distribuées de façon nettement trop généreuse... Généralement les patrons et les défenseurs des systèmes de stock-options tentent de défendre ce mode de fonctionnement en invoquant la compétition qui règne pour pouvoir embaûcher les meilleurs patrons, les "pointures" qui ne se déplacent pas à moins de quelques dizaines de millions d'euros annuels, sans compter le golden parachûte en cas de licenciement précoce et/ou "abusif" !!!
Il faut reconnaître qu'il serait mauvais de décourager les grands "entrepreneurs" de venir travailler à la tête des entreprises françaises. Mais il serait quand même intelligent de ne pas signer des chèques en blanc juste sur le nom/la réputation de tel ou tel "gourou" car on sait bien que même un Steve Jobs ou un Carlos Ghosn, s'ils ont été et sont encore très forts, seraient peut-être totalement incapable de redresser une entreprise dont ils ne comprennent rien au métier (qui serait capable de redresser Bull par exemple, même super Thierry Breton n'a réussi qu'à sauver l'entreprise de la faillite).
Pour attirer un bon patron, il faut qu'il puisse gagner ce qu'il mérite. Pour s'assurer qu'il ne fait pas n'importe quoi, il faut aussi s'assurer qu'il mérite bien ce qu'il gagne...
Un modèle me semble intelligent : le LBO. Le Leverage Buy Out permet à un entrepreneur motivé mais peu pourvu en capital de prendre une participation significative dans une entreprise (en général le contrôle, mais cela n'est pas indispendsable) en d'endettant. Les dividendes versés par l'entreprise (directement liés à la bonne tenue de l'activité) servent alors à rembourser la dette, non pas de l'entreprise mais du patron-entrepreneur.
Si le patron n'est pas bon, les parts qu'il a acheté son versées à la banque qui lui a prêté l'argent initial. S'il est bon, il se retrouve à la tête d'un joli paquet d'actions, en rapport avec le risque qu'il a pris.
Pas de parachute mais une véritable espérance de gain et surtout un lien très fort à avec l'entreprise (le patron est aussi un actionnaire engagé).
Cette réflexion me rappelle le bouquin de Jean-marie Messier que j'avais lu il y a bien longtemps et où il parlait d'actionnariat salarié. Si on commençait par les patrons, ça serait déjà un grand progrès...
C'est déjà souvent le cas, d'ailleurs un membre du conseil d'administration est forcément actionnaire (1 action minimum). Mais ce que je préconise, c'est qu'un patron soit engagé sur une partie importante de son patrimoine personnel, l'emprunt réalisé pour monter le LBO devrait engager une caution de quelquechose comme 25% (minimum) de son patrimoine. Et le LBO minimise les mouvement court-termistes : rares seront les cas où les patrons revendront les parts achetés à crédit pour rembourser leur emprunt de façon anticipée, à moins que la valeur de l'entreprise ait été réellement fortement augmentée. La stratégie court-termiste est également possible si le patron trouve un pigeon pour racheter ses parts, mais dans ce cas, on ne peut s'en prendre qu'au pigeon ;-)
Le seul risque est qu'un patron qui n'aurait pas les moyens de prendre une majorité de contrôle de l'entreprise se fasse débarquer au moment d'un trou d'air de la société et soit injustement puni si le "repreneur" détruit la valeur qu'il aura créé et fait baisser la valeur de ses titres.
Une protection devrait donc être envisagée pour éviter ce genre de manoeuvres, peut-être en attribuant des golden shares au patron qui accepte de prendre la direction de l'entreprise (des actions avec double droit de vote, voire plus). Mais ceci introduit une distorsion pas forcément simple à maîtriser...
Alors que bon nombre de patrons de start-ups finissent par lâcher le contrôle majoritaire de leur entreprise pour faire entrer des investisseurs, tout en gardant le contrôle effectif de l'entreprise, jusqu'à ce que les investisseurs le débarquent éventuellement (à tort ou à raison) si l'entreprise connaît des difficultés.
Je pense qu'il y a matière à ddiscussion, mais le principe d'avoir des patrons qui soient engagés dans l'entreprise sur leur patrimoine personnel est une bonne chose.
20:00 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pdg, salaire, lbo, actionnariat salarié
11/03/2008
Taxi, SVP !
Je me suis procuré le rapport de la commission pour la libération de la croissance, présidée par Jacques Attali. La commission insiste sur le fait que les mesures préconisées n'ont de valeur que si elles sont appliquées en bloc.
Or déjà plusieurs mesures sont remises en question. La libéralisation du marché des taxi étant l'exemple le plus récent mais aussi le plus flagrant.
La réglementation et la limitation du nombre de taxi a créé une bulle presque spéculative sur les licences de taxi dans les grandes villes. Pour exercer il ne faut pas seulement faire l'acquisition d'un véhicule, mais il faut débourser un montant comparable voire très supérieur pour la licence.
C'est totalement aberrant et il est sans doute judicieux de vouloir démonter un tel système et l'assainir.
Mais comme partout la situation n'est pas si simple et il y a un problème : les taxis existants possèdent un "actif", leur license, qu'ils ne veulent absolument pas déprécier car nombre d'entre eux se sont lourdement endettés pour l'acquérir, ou alors compte dessus pour financer leur retraite.
Libéraliser le marché ferait ainsi perdre plusieurs dizaines de milliers d'euros à tous les taxis en place et pour beaucoup cela serait une quasi-faillite, leur bilan n'étant clairement plus équilibré !!!
Le métier de taxi n'étant pas des plus faciles ni des plus enrichissants, il vaut mieux ne pas y aller trop à la hussarde, au risque de faire trop de casse sociale. On comprend donc la reculade du gouvernement.
Pourtant le statut quo me semble également mauvais car la situation risque d'empirer, au fur et à mesure que la "bulle des taxis" gonflera : il faut dégonfler cette bulle !
Comment ? Il va forcément falloir casser quelques oeufs pour faire cette omelette et il y aura des victimes, que la collectivité pourrait indemniser.
Reste l'objectif final. Je disais sur un autre blog que la libéralisation totale ne semble pas franchement enviable. Il faut donc déterminer comment on peut dégonfler la bulle des taxis en augmentant lentement mais régulièrement l'offre disponible sans trop bousculer le marché quand même. Reste une question : est-ce qu'écologiquement il ne vaudrait pas mieux favoriser en priorité des transports en commun efficaces ? La bulle des taxis se dégonflerait d'elle-même puisque ces derniers se devraient alors de rester compétitifs faces à des transports en commun réellement efficaces sur l'ensemble des destinations (actuellement le maillage des TC est encore insuffisant dans la plupart des grandes villes : le métro est efficace mais est limité au centre ville, les bus sont trop peu fréquents ou trop irréguliers dans leurs horaires...)
Vaste sujet que les transports, Attali aurait sans doute pu y trouver d'autres relais de croissance que la seule libéralisation des taxis (je vais pê un peu vite car je ne suis pas encore allé au bout, je crois quil veut aussi favoriser les compagnies aérienne low-cost... désastre écologique...)
14:55 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rapport attali, croissance économique, taxi, bulle spéculative
24/01/2008
Invraisemblable Société Générale
Pour une institution qui cherche désespèrément à redorer sa marque depuis des années, la Société Générale n'a vraiment pas de chance... Elle voit s'envoler presque 5 milliards d'euros avec ce qu'elle a pu accumuler comme notoriété...
C'est peut-être l'effet "coup de pouce" que la banque essaie de donner aux jeunes !!! Cinq milliards dans les mains d'un seul homme, un jeune homme de 31 ans dit-on. Sarkozy, notre hyper-président, rêverait d'avoir cinq milliards sous la main pour donner un peu de pouvoir d'achat aux français, car finalement la Sogé aurait sans doute préféré faire un chèque de 80 euros à chacun des 60 millions de français plutôt que de voir s'envoler la même somme sur les marchés en pure perte...
Car c'est cher payé le coup d'anti-pub. Sans compter que la banque a du se recapitaliser rapidement pour re-équilibrer ses ratios prudentiels. Qui a payé, quelles sont les modifications d'actionnariat que cela réprésente ? La Sogé va-t-elle devenir chinoise à cause d'une mésaventure, un coup de trafalgar qui ressemble à un honnête père de famille qui soudainement irait au casino placer toute ses économies sur le noir ?
Dans tous les cas, ce n'est qu'un exemple supplémentaire du peu de contrôle qu'ont les humains sur ce qui est devenu le plus gros système complexe au monde : le réseau informatique bancaire. Capable de masquer la diffusion planétaire du risque généré par des prêts immobiliers américains, ce réseau a donné les moyens à un simple trader de mettre une institutionen péril... ça me rappelle quand je m'étais rendu compte, dans une honorable institution de 100 000 personnes, que j'étais capable d'envoyer des e-mails avec l'adresse du big boss sans que qui que ce soit puisse faire la différence. Je n'avais alors pas exploité cette "faille", mais cela prouve bien que dès lors qu'on entre dans les entrailles du biniou,on peut devenir le maître du monde... au moins quelques heures, et causer de graves dégâts en un rien de temps.
Nombreux sont mes amis qui contribuent à augmenter la complexité de ce système et en touchent les dividendes. Tout cela au nom de la sainte concurrence... ça fait réfélechir.
21:39 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : fraude, banque, société générale
20/03/2007
Lutter contre le réchauffement climatique... en achetant du pétrole !!!
100ème note publiée sur ce blog, ça se fête ! Avec un thème porteur et un titre pour le moins provocateur, j'espère arriver à donner à cette centième une vraie profondeur.
Seuls les plus sceptiques peuvent avec beaucoup de mauvaise foi refuser l'évidence (bonjour Claude Allègre) : notre consommation d'énergie fossile est en train d'en épuiser les stocks et de provoquer une intensification de l'effet de serre (forçage radiatif) et donc du réchauffement climatique, un dérèglement dont il est de plus en plus évident qu'il nous sera peu favorable en moyenne. [fin des quasi-certitudes, début de ma réflexion]
Pour cesser de foncer droit dans le mur, il faut diminuer drastiquement notre consommation d'énergies fossiles. Pour cela, l'expérience prouve que les consommateurs ne réagissent correctement qu'à une variable : le prix. Il faut donc relever le prix des énergies fossiles pour inciter les consommateurs à diminuer leur consommation et les entrepreneurs à proposer des aletrnatives. Des alternatives énergétiques (nucléaires, pile à combustible, énergies renouvelables, etc.) mais également des alternatives dans nos modes de consommation (pas de sur-emballage, des produits réparables, remplir les avions, les trains etc.).
Comment relever le prix ? Nicolas Hulot et sa bande proposent la mise en place d'une taxe carbone. Je suis très favorable à une telle mesure, mais elle a un gros défaut : elle n'a d'effet que dans les pays où elle est mise en place. Or avant d'arriver à instaurer une telle taxe dans une part suffisante des pays, de l'eau aura coulé sous les ponts et surtout de l'essence aura brûlé dans les carburateurs (ou plutôt les pistons, une flamme dans le carburateur n'est pas bon signe...).
Une autre façon de relever le prix des énergies fossiles et notamment des hydrocarbures pourrait consister à jouer sur le mécanisme de l'offre et de la demande. L'offre est régulièrement mise à mal par le terrorisme et l'instalbilité des pays producteurs et répond tant bien que mal à la demande, ce qui est à l'origine de la forte hausse du baril ces derniers mois. A moins de verser dans l'illégalité, il n'est pas évident d'agir sur l'offre pour un français moyen (exception faite de quelques personnes chez Total).
En revanche la demande est plus accessible, puisque nous autres français sommes des gros consommateurs. Or si on augmente la demande, comme l'offre est contrainte, les prix vont mécaniquement augmenter. Good !
Sauf qu'augmenter la demande ne doit pas signifier consommer plus, sans quoi le caractère vertueux de l'augmentation de prix n'est plus valable. Il faut donc acheter du pétrole sans le brûler !!!
Qu'en faire ? Le stocker bien entendu ! Pourquoi stocker ? Pour que les générations futures puissent elles aussi utiliser du pétrole, là où ce dernier est réllement indispensable, irremplaçable. On pourrait même raisonnablement s'endetter pour cela : le pétrole étant promis à une raréfaction puis disparition, les cours vont monter sensiblement : le stock constitué vaudra alors largement l'emprunt majoré du produit des intérêts. Le mieux serait même de ne pas extraire puis stocker le pétrole, mais tout simplement le laisser là où il se trouve.
Augmenter la demande reviendrait alors à payer (subventionner) des producteurs pour qu'ils arrêtent d'extraire, qu'ils diminuent leur production. Un peu comme quand on fait arracher des vignes aux viticulteurs, en quelque sorte.
Seule faille de ce raisonnement ? Il faut avoir les moyens nécessaires pour financer ce "stockage massif" de pétrole.
Deux solutions :
- soit c'est directement l'état qui s'y colle et finance par la dette publique (déjà lourde mais encore largement supportable), sachant qu'il s'agit d'un investissement. Il est raisonnable d'espérer que l'Europe se joigne alorsà la France dans ce mouvement car pour avoir un impact, la capacité d'endettement des français ne suffira que quelques années avant de franchir des seuils critiques de non-solvabilité. Si plusieurs acteurs entrent en jeu, il faut savoir réguler l'opportunisme (quelqu'un qui vendrait ses stocks après une flambée des cours)
- soit procéder à des achats d'options, ce qui permet de profiter d'un fort effet de levier. Reste que pour avoir un effet à court terme et sur la durée, cette solutiion repose sur la solidité et le sérieux des marchés financiers... qui restent à prouver. Car les vendeurs d'options doivent normalement couvrir leurs "ventes à terme" avec un "stock" qui est malheureusement trop souvent virtuel (couverture par d'autres options...), si bien qu'une bulle pourrait se former et éclater quand les premiers contrats arriveraient à échéance... solution plus simple donc mais dont l'efficacité est risquée.
Je m'arrête là car je sens bien que cette note n'est pas vraiment à la hauteur car j'ai l'impression :
- de ne pas être très clair, ce qui prouve que mon raisonnement a sans doute quelques failles.
- de jouer à la science fiction : personne n'a la volonté de s'engager dans un tel processus : il faut des moyens financiers, risquer gros pour... sauver la planète et un bénéfice complémentaire incertain
Or sauver la planète n'est pas un gain assez évident pour les financiers et des hommes de pouvoir... A moins d'un sursaut écologique.
J'espère tout de même avoir lancé une idée qui va faire son chemin et qui apportera peut-être quelquechose au débat ?
à suivre !
21:24 Publié dans Ecologie , Economie , Energie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pétrole, consommation, énergie, CO2, effet de serre
28/02/2007
ENORME : Besoin d'air
Petit extrait de l'opus du MEDEF, sous la direction de Laurence Parisot :
"La seconde illusion est de croire à un effet de vases communicants. Pour beaucoup, il suffirait de faire glisser le surplus de richesse observé ici vers le trop de pauvreté constaté là. [...] Nous avons fait le calcul: le salaire de chacun augmenterait de 0.4%, ce qui porterait un salaire de 1500 euros nets à 1500,60 ! [...] En réalité, l'ensemble du système économique est mille fois plus complexe qu'un schéma de CM2 représentant deux entonnoirs reliés par un tube." (p. 43-44)
Hum, Madame Parisot, vous devriez peut-être vous entourer de collaborateurs qui ont dépassé le CM2...
1500 + 0.4% = 1506 et pas 1500,6
Certes, les smicards de Ségolène Royal ne seront pas forcément beaucoup plus satisfaits par 5.4€ de plus par mois.
Mais quand on donne des leçons, on est irréprochable. Or le show de présentation du bouquin lors de l'assemblée générale du MEDEF (visible chez JM Billaut ici) m'avait déjà laissé dans la bouche un petit goût de... vaste fumisterie. Dans le show déjà, Laurence Parisot utilisait des chiffres très discutables pour appuyer ses dires. Par exemple, elle "prouvait" la corrélation entre deux indicateurs, dont un mal défini (taux de chomage et flexibilité de la législation du travail) en comparant 4 valeurs. On pourrait lui pardonner si elle n'était pas bien entourée et surtout présidente d'un institut qui se dit spécialiste en statistiques (Ifop)
Ce qui m'a fait acheter le bouquin pour voir si ce n'était qu'un effet "lancement" (marketing = esbrouffe) ou si le bouquin est lui aussi truffé de langue de bois. Pour l'instant je ne suis pas déçu...
Autre perle, l'entreprise serait "la seule source de création de richesse" (p.27) : ainsi ma maman, lorsqu'elle me fait un gâteau qui vaut mille fois les m... de l'industrie agro-alimentaire, ne crée pas de richesses. Enfin elle pourrait, mais elle devrait me vendre ce gâteau. sauf qu'il y a des chances non négligeables que si elle mettait ses gâteaux sur le marché, ils seraient appréciés à leur juste mesure, c'est à dire non loin de ce que peut faire un Pierre Hermé (la déco est un peu moins soignée, mais le goût y est) et je n'aurais plus les moyens de me payer ses délices, pauvre de moi...
Bref, Laurence Parisot fait du clientélisme et de la démagogie auprès de son fonds de commerce : les chefs d'entreprises. Pourquoi pas, c'est son choix. Mais je trouve que c'est dommageable pour l'image du MEDEF et par transition des chefs d'entreprises... Le pire, c'est que bon nombre d'arguments seraient sans doute recevables et pourraient être bien argumentés. Les chefs d'entreprises feraient bien de choisir un représentant un peu plus crédible...
"le monde économique n'a pas de bornes et rend possible la création perpétuelle de richesses" (p. 44)
Update : je continue ma lecture et je dois quand même vous dire que certains principes ne me semblent pas absurdes. Mme Parisot propose notamment de clarifier la loi. En effet, en France, les textes législatifs sont foison et tout le monde s'y perd. Ok pour le diagnosti, donc. Je ne suis en revanche pas d'accord avec la solution proposée, à savoir se calquer sur le modèle anglo-saxon où le droit écrit est très largement minoritaire face à la jurisprudence (c'est l'opposition classique entre droit romain et anglo-saxon). S'il me paraît juste de re-écrire les lois, de supprimer les textes redondants ou n'ayant plus aucune valeur, afin de clarifier/simplifier le droit et son application pour une plus grande transparence, je pense qu'il ne faut pas abandonner le modèle du droit romain.
Update2 : Je ne trouve pas vraiment étonante la position de Ségolène Royal sur la posture tenue par le MEDEF, lorsqu'on lit ce livre... La réaction de Laurence Parisot reste dans le registre du caricatural...
09:40 Publié dans Economie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Beson d'air, Laurence Parisot, MEDEF
26/02/2007
Entreprise et pouvoir
Bernard Arnault entre dans la course au rachat d'Endemol, le producteur de TV poubelle qui cote tout de même environ 2.7 milliards (le recyclage des déchets à de l'avenir même à la TV !)
Si le patron du luxe français était déjà présent dans les médias, avec notamment la Tribune, cette prise de position est à mon sens révélatrice du grand appétit des capitaines d'industrie français pour les médias.
Arnaud Lagardère a clairement montré que c'était sa priorité lorsqu'il a mis la main sur le groupe de son père. Vincent Bolloré le raider semble se calmer et concentrer ses investissements dans le secteur (+ dans une moindre mesure dans les télécoms). Et je ne parle pas de Bouygues (TF1 et sa galaxie), Dassault (le Figaro, la SocPresse), Albert Frère, le plus français des Belges (M6), Vivendi (Fourtou et Levy ne sont certes pas propriétaires de la société, mais ils fréquentent le même milieu), Edouard de Rotschild (Libération), etc. et j'en oublie.
Le quatrième pouvoir est donc majoritairement contrôlé par les grands patrons. Qu'on le veuille ou non, l'indépendance de la presse est menacé. Les journalistes ont beau défendre leur liberté d'expression et résister à des pressions réelles ou imaginées, je pense que le vrai risque existe dans un processus beaucoup plus lent. Les vieux journalistes ont connu une certaine indépendance et je ne remet pas en doute leur capacité à s'exprimer librement. En revanche, j'ai peur que les jeunes journalistes se fassent au seul et unique moule qu'on leur propose...
Et ce ne sont pas les blogs qui vont sauver la liberté d'expression. Si l'iconoclasme trouve dans les blogs un moyen d'exxpression, il faut quand même avouer que plus le nombre de bloggeurs augmente, plus la pensée divergente est noyée dans le conformisme moutonnier de la masse.
Et je n'échappe pas à la règle puisqu'il est en vogue de cracher sur les médias, de dénoncer les grands patrons comme seuls responsables de la perte de piquant observée dans le secteur.
Pour apporter ma petite contribution personnelle bien personnalisée, je vous renvois à une vidéo de l'INA : ici.
Il s'agit du JT d'Antenne 2 du jour de ma naissance (le 14/04/1977 pour les curieux, qui déduiront facilement cette information du lien ci-dessus), avec PPDA comme présentateur. A croire que, comme Samson, sa force se trouve dans ses cheveux (abondants à l'époque), il est très incisif vis-à-vis de son invité... sur le prix des légumes !
Autres temps, autres moeurs ? Pas tant que ça en fait, puisque les sujets abordés dans ce journal restent d'actualité, si on fait un petit effort de "traduction" tout de même. Ne loupez pas Roland Dumas, fringant (on comprend comment il a pu faire craquer Christine Devier-Joncourt et qu'il ressente le besoin de porter des chaussures de luxe) et surtout le désastre écologique des poteaux métalliques pour le téléphone...
11:05 Publié dans Economie , Media / TV | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : médias, pouvoir, blogs, INA









