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16/03/2007

Datacenter et Chauffage urbain : idée farfelue ?

Les Datacenters sont des lieux d'intense concentration de matériels informatiques (serveurs de calcul et de stockage principalement). Or qui dit informatique dit... dissipation thermique. Le traitement de l'information est une activité qui consomme de l'énergie et produit de la chaleur.

D'où un important besoin de ventilation/climatisation. On en arrive à du refroidissement à l'eau froide pour arriver à contrebalancer la forte densification de la puissance émise (la loi de Moore vaut malheureusement aussi pour cette donnée...).

D'où une question un peu naïve mais peut-être pas tupide : pourquoi ne pas utiliser toute cette chaleur produite pour chauffer des bureaux/logements en hiver ? Les hébergeurs pourraient rembourser une bonne partie de leur facture électrique tout en contribuant à l'effort écologique (pour lequel le secteur informatique n'est pas franchement performant, vu la pollution que génère la production des matériels...)

Pour l'été, c'est bien entendu un autre problème, car tout le monde veut refroidir... Quoique, on se douche toujours à l'eau plus ou moins chaude !

On peut lire sur le site d'Interxion qu'ils proposent quelques 32.000 m² sur 22 sites en Europe. A quelques kW par m² (une baie prend environ 1m² et consomme une dizaine de KW, voire jusquà 25kW, annoncé par Interxion).

Si on part sur un chiffre de 3kW/m², on arrive à 100MW consommés par Interxion, disons 500MW pour tout le secteur des Datacenters en Europe (ceux qui sont assez concentrés pour qu'on puisse raisonnablement investir pour en récupérer la chaleur). De quoi fermer une petite centrale thermique ! Le geste est sans doute symbolique mais c'est avec ce genre d'initiatives qu'on va pouvoir faire avancer le schmilblick !

 

14/03/2007

L'énigme Completel

Completel vient de publier ses résultats financiers (slides).

L'opérateur insiste sur la croissance. Croissance de ses investissements : Completel dispose désormais d'un solide réseau national, qui alimente désormais 110 villes françaises, avec une large couverture fibre ou DSL (environ 600 NRA, mais seulement 50k lignes DSL activées).

Le chiffre d'affaire est également en croissance (+23%, à 233M€), notamment grace à l'offre DartyBox (lancée en octobre), de la vente de fibre (IRU) mais aussi grace à l'intense effort commercial auprès de sa clientèle entreprise (+19%). 

Ceci dit, la croissance est également présente du côté des pertes : 37,7M€ contre 12,6M€ en 2005 !

Rien de tout cela n'est surprenant : Completel jouit de sa position de "nouvel entrant", il est normal que sa croissance soit forte (de zéro à un euro de CA, la croissance est infinie !!!) puisqu'elle est soutenue par des investissements massifs, lui permettant d'être agressif sur les prix. La vraie question est : Completel arrivera-t-il a remplir suffisamment ce réseau pour rentabiliser ses investissements ?

D'abord ceci est possible : le marché est encore en croissance, de nombreuses entreprises (surtout les petites) étant encore pas ou mal raccordées au réseau ou n'ayant pas encore réfélchi à quitter l'opérateur historique.

Mais la partie est loin d'être gagnée.

Sur le marché grand public d'abord, que Completel n'adresse que via l'offre DartyBox. Je ne vois pas Darty gagner des parts de marché significatives et si Darty venait à jeter l'éponge, cela ferait une forte baisse soudaine du CA pour Completel (on est dans la prospective car pour l'instant Darty Box ne représente pas un très grand nombre de lignes et donc un CA encore marginal par rapport aux autres actvités de Completel).

Les revenus IRU sont stables et récurrents, sauf si les locataires font faillite...très improbable mais pas complètement impossible. 

Sur le marché entreprises enfin, les perspectives sont bonnes en terme de volume d'affaire. En revanche, il faut avouer que la rentabilité est mise en danger par de fréquentes guerres des prix (la dernière en date ayant eu lieu en 2005 sur la téléphonie) : on revient sur la rentabilisation des investissements de Completel : même si le réseau est récent et bénéficie de coût opérationnels compétitifs, il ne sera sans doute pas évident d'acquérir suffisamment de clients pour franchir les seuils de rentabilité.

Mais il ne faut pas sous-estimer le dynamisme des équipes de Completel : on peut s'attendre à ce qu'ils se donnent les moyens de réussir !

à suivre donc 

Free : Boukobza part malgré d'excellents résultats

La nouvelle est tombée hier et surprend : Michael Boukobza quittera Free en juillet et sera remplacé par un ancien de TF1, Maxime Lombardini.

A la veille de la publication des résultats du groupe, on pouvait s'attendre à une mauvaise surprise...  Mais elle n'est pas venue : les résultats sont bons et en forte croissance. Logiquement, l'effet "réseau" (coûts très majoritairement fixes, la rentabilité explose lorsque le réseau commence à être bien rempli) fonctionne en plein et Free casse la baraque tandis que ses  concurrents alternatifs atteignent tout juste l'équilibre (Neuf) voire sont en pertes depuis des années (Club Internet, en vente et Alice).

Certes l'engagement sur le terrain de la fibre risque de bousculer une fois de plus le jeu concurrentiel chez les ISP, dans la mesure où le passage au quadruple play fait rentrer de nouveaux concurrents : 

  • accès à Internet : les concurrents habituels
  • téléphonie : les opérateurs télécom, les Skype/MSN/Yahoo/GTalk, cablos
  • TV : diffuseurs DSL, Numéricable, diffuseurs Radio (TNT), diffuseurs satellite (Canal Sat/TPS)
  • Mobile : MNO et MVNO

Le jeu va donc encore se durcir et la consolidation est loin d'être  finie. Les résultats risquent donc de pâtir de cette nouvelle orientation de la star de l'Internet français : rien ne dit que Free, qui a beaucoup eu raison sur le marché de l'ADSL (et en touche aujourd'hui les dividendes), continuera à avoir raison sur le marché de la fibre.

Boukobza a récemment vendu pour 25M€ d'actions Iliad : ne croirait-il pas à l'avenir de Free ? Part-il suite à des divergences stratégiques avec Xavier Niel ? Ou  est-ce qu'il a tout simplement envie de passer à autre chose ? Free n'est pas son bébé mais celui de Niel. Après 7 ans de bons et loyaux services, Boukobza est désormais à la tête de suffisamment de capitaux pour lancer ses propres projets. Cela ne m'étonne donc pas qu'il tente sa chance en solo. Reste à voir ce qu'il nous prépare...

On verra assez rapidement si Boukobza rebondit rapidement : s'il lance www.revolution3dot0.com en Juillet, c'est qu'il aura quitté Free pour de  vraies raisons personnelles. S'il tarde à rebondir, peut-être que son départ n'aura pas été si choisi que ça...

on lui souhaite en tout cas autant de réussite que JL Constanza avec Ten, qui réussit à mettre de bons coups de pieds dans la fourmillière mobile !